Marché immobilier à Arras en 2026 : les vrais chiffres

Le marché arrageois a connu deux années très contrastées en 2023-2024, avec un recul net des volumes et un allongement marqué des délais. 2025 a amorcé la respiration, et 2026 confirme la normalisation. Voici ce que je lis dans les ventes signées et publiées entre 2021 et 2025, et sur le terrain.
Les volumes : retour à la normale
Le registre des ventes signées recense de l'ordre de 1 267 transactions par an sur les 34 communes de la Communauté Urbaine, dont environ un tiers à Arras. Les volumes restent sous le pic du début de décennie, mais le marché a repris une respiration normale après le creux de 2023-2024.
Ce qui explique cette reprise : la baisse des taux directeurs depuis 2024 a ramené le taux moyen sur 20 ans autour de 3 %, ce qui redonne plusieurs dizaines de milliers d'euros de capacité d'emprunt sur un dossier classique.
Les prix : hausse modérée et différenciée
Le prix médian s'établit autour de 2 408 €/m² en appartement et 1 966 €/m² en maison, avec -1,3 % en appartement et +5,4 % en maison sur la dernière année, et +11,5 % sur cinq ans, toutes typologies confondues. La hausse est très inégale selon les typologies :
- Maisons familiales 90-130 m² avec jardin : au-dessus de la moyenne, sous tension acheteurs.
- Appartements T3-T4 centre rénovés : au-dessus de la moyenne.
- T2 investissement classés D-E : stables.
- Biens DPE F ou G : en recul, avec une décote de 8 à 15 % constatés sur le marché arrageois, face à un bien comparable classé C ou D.
Les délais de vente : la respiration retrouvée
Le délai de vente médian s'établit à 62 jours sur la Communauté Urbaine, contre plusieurs mois au creux de 2023-2024. Un bien positionné juste dès le premier jour se situe nettement en dessous, un bien surévalué très au-dessus.
La différence se fait sur deux variables : le prix de mise en marché (pas plus de 5 % au-dessus de l'estimation marché) et la qualité du dossier de présentation (reportage photo pro, plans cotés, DPE à jour, DDT complet).
Les profils d'acheteurs en 2026
Quatre profils structurent la demande sur la Communauté Urbaine. Ils sont classés du plus fréquent au moins fréquent, d'après les mandats suivis par Gwenaël Deltombe : c'est une lecture de terrain, sans part chiffrée, parce qu'aucune source ne permet de la calculer. Ils disent surtout une chose au vendeur : votre acheteur n'est pas un acheteur générique, il appartient à l'un de ces quatre groupes, et c'est à lui que votre annonce doit parler.
Premier achat, familles d'ici
Budget : 150 000 à 220 000 €. Maison de ville ou trois-pièces à Saint-Nicolas, Achicourt, Beaurains. Ils regardent la facture de chauffage et fuient les gros travaux.
Familles qui s'agrandissent
Budget : 260 000 à 400 000 €. Quatre chambres, un jardin, l'école à pied. Sainte-Catherine, Anzin-Saint-Aubin, Dainville, Marœuil. C'est le type de bien le plus disputé.
Ceux qui travaillent à Paris ou Lille
Budget : 220 000 à 350 000 €. Un quart d'heure de la gare maximum, une pièce pour le bureau, une bonne connexion internet. Ils décident vite, souvent après une seule visite.
Ceux qui achètent pour louer
Budget : 90 000 à 180 000 €. Studios et deux-pièces pour les étudiants de l'université, petits immeubles dans les faubourgs.
Une maison de ville à Achicourt s'adresse au premier groupe. Une maison de quatre chambres avec jardin à Sainte-Catherine s'adresse au deuxième, le plus disputé du secteur, et peut tenir son prix. Un studio en centre s'adresse au dernier, qui achète un rendement et non un lieu de vie : ce profil calcule et compare, sans coup de cœur.
Les quatre choses que je surveille
Ces quatre signaux se déplacent avant les prix. Les suivre évite de découvrir un retournement six mois après qu'il a commencé.
L'interdiction de louer les logements mal isolés
Les logements classés G ne peuvent plus être loués depuis 2025, les F le seront en 2028. Beaucoup de logements anciens d'Arras sont concernés : leurs propriétaires les mettent en vente, ce qui augmente le choix de biens à rénover en centre-ville. Le détail dans le Journal.
Les constructions neuves autour d'Arras
Les programmes livrés à Saint-Laurent-Blangy et Dainville absorbent une partie des familles qui cherchent. Sur ces deux communes, les prix de l'ancien montent donc moins vite. Le détail dans le Journal.
L'écart entre appartements et maisons dans Arras
Un appartement se vend aujourd'hui 22 % plus cher au mètre carré qu'une maison en ville. Si cet écart se réduit, ce sera le premier signe que le centre commence à baisser.
Le nombre de ventes, avant les prix
Quand il se vend moins de biens pendant six mois, les prix suivent environ six mois plus tard. C'est l'indicateur qui prévient le plus tôt. Le détail dans le Journal.
Ce que les acheteurs négocient réellement
Le registre des ventes ne publie que le prix signé, jamais le prix affiché : la marge de négociation moyenne du secteur n'est donc calculable sur aucune source publique, et vous devriez vous méfier des sites qui en annoncent une. Ce qui s'observe, en revanche, est stable : sur un bien correctement positionné dès le premier jour, la discussion porte sur quelques points de prix, pas sur des dizaines de milliers d'euros arrachés en fin de visite.
C'est une bonne nouvelle pour le vendeur qui affiche juste, et une mauvaise pour celui qui espère se rattraper à la négociation. Un prix affiché nettement au-dessus de la fourchette de sa zone ne se corrige pas par une remise en fin de parcours : le bien perd ses premières semaines de visibilité, celles où l'audience est la plus large, puis baisse, et signe souvent en dessous de ce qu'il aurait obtenu en partant au bon niveau. Côté acheteur, la conséquence est symétrique : un bien affiché dans le bas de la fourchette de son secteur ne cache pas une marge, il part vite.
Ce que vaut réellement cette marge selon le type de bien et le secteur, et la façon de la chiffrer plutôt que de la deviner, sont traités dans l'article négocier le prix.
Trois scénarios pour la suite, pas trois prédictions
Personne ne connaît le prix de l'immobilier arrageois en 2030, et aucune fourchette chiffrée ne serait honnête ici. Ce que l'on peut faire, c'est décrire les mécanismes qui feraient bouger ce marché. Voici les trois lectures du rapport de marché, telles que Gwenaël Deltombe les formule.
Le marché continue sur sa lancée
Si les taux de crédit restent où ils sont. Le stock de biens à vendre reste mince et la demande des familles ne faiblit pas. Dans cette configuration, ce sont les logements en bon état qui tirent le marché, pendant que les biens à rafraîchir mettent plus longtemps à trouver preneur. Lecture de Gwenaël Deltombe, pas une prévision de prix.
Le crédit redevient bon marché
Si les taux baissent nettement. Des familles aujourd'hui bloquées par leur capacité d'emprunt reviendraient sur le marché, en particulier sur les communes autour d'Arras où le budget d'entrée est plus bas. La pression se porterait d'abord sur les maisons familiales avec jardin, qui sont déjà le segment le plus disputé.
Les banques resserrent leurs conditions
Si l'accès au crédit se durcit. Ce n'est pas d'abord le prix affiché qui bouge, ce sont les délais et la discussion. Les biens restent plus longtemps en vente, les acheteurs solvables se font rares et prennent l'avantage dans la négociation. Un vendeur mal positionné au départ le paie deux fois.
Ce que ces trois scénarios ont en commun mérite d'être noté : aucun ne décrit un effondrement des prix affichés. Le risque, pour un vendeur, ne porte pas sur la valeur de son bien, il porte sur le temps de vente et sur l'ampleur de la négociation. C'est exactement ce que l'on maîtrise en partant au bon prix.
Édition et mise à jour
Les chiffres de cet article proviennent du rapport de marché de la Communauté Urbaine d'Arras, Édition 2026. La prochaine actualisation est prévue en Octobre 2026 : les prix médians et le délai de vente médian y seront réexaminés, et cet article suivra.
Questions fréquentes
On vous répond
Combien de temps pour vendre un bien à Arras en 2026 ?
Le délai de vente médian sur la Communauté Urbaine est de 62 jours. Les maisons familiales avec jardin partent plus vite, souvent en trois à cinq semaines, les petites surfaces d'investissement mettent nettement plus longtemps.
Combien y a-t-il de ventes par an à Arras ?
De l'ordre de 1 267 ventes par an sur les 34 communes de la Communauté Urbaine, dont environ un tiers à Arras, d'après les ventes signées et publiées entre 2021 et 2025.
Quels sont les taux d'emprunt à Arras en 2026 ?
Sur 20 ans, les taux nominaux se situent autour de 3 % en 2026, avec un écart de quelques dixièmes de point entre un dossier avec apport confortable et un profil standard. Faites jouer deux banques et un courtier avant d'arrêter votre plan de financement.
Qui achète à Arras en 2026 ?
Quatre profils, classés du plus fréquent au moins fréquent. Les primo-accédants d'ici, avec un budget de 150 000 à 220 000 €. Les familles qui s'agrandissent, sur le segment le plus disputé du secteur, avec un budget de 260 000 à 400 000 €. Ceux qui travaillent à Paris ou Lille, 220 000 à 350 000 €. Les investisseurs, 90 000 à 180 000 €, sur les studios et deux-pièces.
De combien un acheteur négocie-t-il à Arras ?
Aucun pourcentage moyen n'est publiable : les ventes publiées ne donnent que le prix signé, pas le prix affiché au départ. Sur un bien positionné au bon prix dès le premier jour, la discussion porte sur quelques points. Sur un bien surévalué, c'est le prix de départ, pas la négociation, qui coûte cher au vendeur.
Les prix vont-ils baisser à Arras d'ici 2030 ?
Je ne publie pas de prévision chiffrée : personne ne peut annoncer le prix de 2030 sans inventer. Ce que le rapport de marché décrit, ce sont trois mécanismes. Si les taux de crédit restent où ils sont, le marché continue sur sa lancée, porté par un stock mince. Si l'accès au crédit se durcit, ce sont surtout les délais et la négociation qui bougent, pas un effondrement des prix affichés.
À quelle date ces chiffres sont-ils mis à jour ?
Ils proviennent du rapport de marché de la Communauté Urbaine d'Arras, Édition 2026. La prochaine actualisation est prévue en Octobre 2026.
Gwenaël Deltombe
Mandataire indépendant · Arras et sa communauté urbaine
Depuis 2020, j'accompagne acheteurs, vendeurs et investisseurs sur Arras et la Communauté Urbaine d'Arras (CUA). Mandataire indépendant en immobilier.
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