Marché immobilier à Arras en 2026 : les vrais chiffres

Le marché arrageois a connu deux années très contrastées en 2023-2024, avec un recul net des volumes et un allongement marqué des délais. 2025 a amorcé la respiration, et 2026 confirme la normalisation. Voici ce que je lis dans les ventes signées et publiées entre 2021 et 2025, et sur le terrain.
Les volumes : retour à la normale
Le registre des ventes signées recense de l'ordre de 1 480 transactions par an sur les 48 communes de la Communauté Urbaine, dont environ un tiers à Arras. Les volumes restent sous le pic du début de décennie, mais le marché a repris une respiration normale après le creux de 2023-2024.
Ce qui explique cette reprise : la baisse des taux directeurs depuis 2024 a ramené le taux moyen sur 20 ans autour de 3 %, ce qui redonne plusieurs dizaines de milliers d'euros de capacité d'emprunt sur un dossier classique.
Les prix : hausse modérée et différenciée
Le prix médian s'établit autour de 2 438 €/m² en appartement et 2 004 €/m² en maison, en progression de 1,4 % sur un an et de 12,8 % sur cinq ans. Mais la hausse est très inégale selon les typologies :
- Maisons familiales 90-130 m² avec jardin : au-dessus de la moyenne, sous tension acheteurs.
- Appartements T3-T4 centre rénovés : au-dessus de la moyenne.
- T2 investissement classés D-E : stables.
- Biens DPE F ou G : en recul, avec une décote de 8 à 15 % constatés sur le marché arrageois, face à un bien comparable classé C ou D.
Les délais de vente : la respiration retrouvée
Le délai de vente médian s'établit à 58 jours sur la Communauté Urbaine, contre plusieurs mois au creux de 2023-2024. Un bien positionné juste dès le premier jour se situe nettement en dessous, un bien surévalué très au-dessus.
La différence se fait sur deux variables : le prix de mise en marché (pas plus de 5 % au-dessus de l'estimation marché) et la qualité du dossier de présentation (reportage photo pro, plans cotés, DPE à jour, DDT complet).
Les profils d'acheteurs en 2026
Quatre profils structurent la demande sur la Communauté Urbaine. Les parts ci-dessous sont celles du rapport de marché du site, calculées sur les acquéreurs suivis sur la période couverte. Elles disent surtout une chose au vendeur : votre acheteur n'est pas un acheteur générique, il appartient à l'un de ces quatre groupes, et c'est à lui que votre annonce doit parler.
Premier achat, familles d'ici, 38 % des acquéreurs
Budget : 150 000 – 220 000 €. Maison de ville ou trois-pièces à Saint-Nicolas, Achicourt, Beaurains. Ils regardent la facture de chauffage et fuient les gros travaux.
Familles qui s'agrandissent, 27 % des acquéreurs
Budget : 260 000 – 400 000 €. Quatre chambres, un jardin, l'école à pied. Sainte-Catherine, Anzin-Saint-Aubin, Dainville, Marœuil. C'est le type de bien le plus disputé.
Ceux qui travaillent à Paris ou Lille, 18 % des acquéreurs
Budget : 220 000 – 350 000 €. Un quart d'heure de la gare maximum, une pièce pour le bureau, une bonne connexion internet. Ils décident vite, souvent après une seule visite.
Ceux qui achètent pour louer, 17 % des acquéreurs
Budget : 90 000 – 180 000 €. Studios et deux-pièces pour les étudiants de l'université, petits immeubles dans les faubourgs.
Une maison de ville à Achicourt s'adresse au premier groupe. Une maison de quatre chambres avec jardin à Sainte-Catherine s'adresse au deuxième, le plus disputé du secteur, et peut tenir son prix. Un studio en centre s'adresse au dernier, qui achète un rendement et non un lieu de vie : ce profil calcule et compare, sans coup de cœur.
Les quatre choses que je surveille
Ces quatre signaux se déplacent avant les prix. Les suivre évite de découvrir un retournement six mois après qu'il a commencé.
L'interdiction de louer les logements mal isolés
Les logements classés G ne peuvent plus être loués depuis 2025, les F le seront en 2028. Beaucoup de logements anciens d'Arras sont concernés : leurs propriétaires les mettent en vente, ce qui augmente le choix de biens à rénover en centre-ville. Le détail dans le Journal.
Les constructions neuves autour d'Arras
Les programmes livrés à Saint-Laurent-Blangy et Dainville absorbent une partie des familles qui cherchent. Sur ces deux communes, les prix de l'ancien montent donc moins vite. Le détail dans le Journal.
L'écart entre appartements et maisons dans Arras
Un appartement se vend aujourd'hui 22 % plus cher au mètre carré qu'une maison en ville. Si cet écart se réduit, ce sera le premier signe que le centre commence à baisser.
Le nombre de ventes, avant les prix
Quand il se vend moins de biens pendant six mois, les prix suivent environ six mois plus tard. C'est l'indicateur qui prévient le plus tôt. Le détail dans le Journal.
Ce que les acheteurs négocient réellement
La marge de négociation constatée sur le secteur est de 4,6 %. Autrement dit, sur un bien correctement positionné dès le premier jour, la discussion porte sur quelques points de prix, pas sur des dizaines de milliers d'euros arrachés en fin de visite.
C'est une bonne nouvelle pour le vendeur qui affiche juste, et une mauvaise pour celui qui espère se rattraper à la négociation. Un prix affiché nettement au-dessus de la fourchette de sa zone ne se corrige pas par une remise en fin de parcours : le bien perd ses premières semaines de visibilité, celles où l'audience est la plus large, puis baisse, et signe souvent en dessous de ce qu'il aurait obtenu en partant au bon niveau. Côté acheteur, la conséquence est symétrique : un bien affiché dans le bas de la fourchette de son secteur ne cache pas une marge, il part vite.
Ce que vaut réellement cette marge selon le type de bien et le secteur, et la façon de la chiffrer plutôt que de la deviner, sont traités dans l'article négocier le prix.
Trois scénarios pour la suite, pas trois prédictions
Personne ne connaît le prix de l'immobilier arrageois en 2030. Ce que l'on peut faire, c'est décrire les trajectoires possibles et dire laquelle paraît la plus probable au vu des taux, du stock disponible et de la demande. Voici les trois scénarios du rapport de marché.
Ça continue de monter doucement
Scénario le plus probable. Horizon : +6 à +9 % d'ici 2030. Les taux des crédits restent autour de 3 % et il y a toujours peu de biens à vendre. Les logements en bon état tirent la moyenne vers le haut, les autres décrochent.
Si les crédits redeviennent bon marché
Possible. Horizon : +12 à +15 %. Avec des taux sous 2,8 % et des aides à la rénovation maintenues, plus de familles achètent, les biens partent en moins de 45 jours et les communes autour d'Arras rattrapent la ville.
Si les banques prêtent moins
Moins probable. Horizon : −2 à +1 %. Les prix affichés bougeraient peu, mais les acheteurs négocieraient davantage (7 à 8 % au lieu de 4,6 %) et les ventes prendraient plus de temps.
Ce que ces trois scénarios ont en commun mérite d'être noté : aucun ne décrit un effondrement des prix affichés. Le risque, pour un vendeur, ne porte pas sur la valeur de son bien, il porte sur le temps de vente et sur l'ampleur de la négociation. C'est exactement ce que l'on maîtrise en partant au bon prix.
Édition et mise à jour
Les chiffres de cet article proviennent du rapport de marché de la Communauté Urbaine d'Arras, Édition 2026. La prochaine actualisation est prévue en Octobre 2026 : les prix médians, le délai de vente médian et les parts d'acquéreurs y seront recalculés, et cet article suivra.
Questions fréquentes
On vous répond
Combien de temps pour vendre un bien à Arras en 2026 ?
Le délai de vente médian sur la Communauté Urbaine est de 58 jours. Les maisons familiales avec jardin partent plus vite, souvent en trois à cinq semaines, les petites surfaces d'investissement mettent nettement plus longtemps.
Combien y a-t-il de ventes par an à Arras ?
De l'ordre de 1 480 ventes par an sur les 48 communes de la Communauté Urbaine, dont environ un tiers à Arras, d'après les ventes signées et publiées entre 2021 et 2025.
Quels sont les taux d'emprunt à Arras en 2026 ?
Sur 20 ans, les taux nominaux se situent autour de 3 % en 2026, avec un écart de quelques dixièmes de point entre un dossier avec apport confortable et un profil standard. Faites jouer deux banques et un courtier avant d'arrêter votre plan de financement.
Qui achète à Arras en 2026 ?
Quatre profils. Les primo-accédants d'ici, 38 % des acquéreurs, avec un budget de 150 000 – 220 000 €. Les familles qui s'agrandissent, 27 %, sur le segment le plus disputé du secteur. Ceux qui travaillent à Paris ou Lille, 18 %. Les investisseurs, 17 %, sur les studios et deux-pièces.
De combien un acheteur négocie-t-il à Arras ?
La marge de négociation constatée est de 4,6 %. Sur un bien positionné au bon prix dès le premier jour, la discussion porte sur quelques points. Sur un bien surévalué, c'est le prix de départ, pas la négociation, qui coûte cher au vendeur.
Les prix vont-ils baisser à Arras d'ici 2030 ?
Le scénario le plus probable du rapport de marché est une poursuite de la hausse à rythme modéré, +6 à +9 % d'ici 2030 d'ici 2030, avec des taux autour de 3 % et un stock disponible qui reste mince. Le scénario le moins favorable, −2 à +1 %, décrit surtout des délais plus longs et une négociation plus large, pas un effondrement des prix affichés.
À quelle date ces chiffres sont-ils mis à jour ?
Ils proviennent du rapport de marché de la Communauté Urbaine d'Arras, Édition 2026. La prochaine actualisation est prévue en Octobre 2026.
Gwenaël Deltombe
Mandataire indépendant · Arras et sa communauté urbaine
Depuis 2020, j'accompagne acheteurs, vendeurs et investisseurs sur Arras et la Communauté Urbaine d'Arras (CUA). Mandataire indépendant en immobilier.
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